Du Droit À La Communication Chez Dior et Cartier

Parles nous de ton parcours? 

Après un BAC L je me suis lancée dans une Licence de droit à Assas. C’était très intéressant, j’y ai acquis une bonne méthode de travail, de l’autonomie et un sacré sens de l’organisation. Pour autant, à la fin de la troisième année, licence en main, je me suis rendue compte que le droit n’était pas fait pour moi. Ayant pris conscience de ça un peu tard,  je n’ai pas pu passer de concours ou candidater à d’autres master. 

Deux solutions s’offraient à moi, faire une année de césure et partir surfer un an en Australie ou faire une Licence de Science politique à Assas et candidater à des master/écoles l’année suivante.  

J’ai opté pour la Licence de Science Politique tout en sachant que, ce qui m’attirait depuis longtemps c’était le monde de la communication, et plus particulièrement la publicité et la construction par les marques de leur image. 

Science po c’était intéressant mais ça ne me passionnait pas plus que ça, j’ai postulé en parallèle des cours à un stage en communication. J’ai tout tenté : agences, boîtes, start-up… et pour être honnête, j’ai essuyé des dizaines de refus à des lettres de motivation pourtant personnalisées. N’ayant aucune expérience et un parcours qui n’avait rien à voir avec le monde de la communication, donc ce n’était pas surprenant. Pourtant un jour j’ai reçu un mail du co-fondateur de la start up Au Pas De Courses. J’ai été prise à temps partiel pendant six mois. Je ne les remercierais jamais assez de m’avoir fait confiance, d’avoir été aussi arrangeant vis-à-vis de mes cours et surtout de m’avoir autant appris. En parlant des cours, ils n’étaient pas du tout aménagés pour faire un stage en parallèle. J’ai pu compter sur l’aide de mes amis qui me fournissaient leurs notes et m’expliquaient les notions lorsque je ne les comprenais pas.

Une fois cette deuxième licence en poche, j’ai postulé à un Master de médias, information et communication dispensé par l’Institut France Presse (au sein d’Assas). De là mon objectif était simple: passer le concours du CELSA pour y intégrer un Master 2. J’ai été admissible à l’oral que j’ai brillamment raté. La pilule est difficilement passée; je me suis rarement sentie aussi nulle.

Par sécurité, j’avais postulé à Dauphine dans le master 226 de Management des Médias, mais mon échec au concours du CELSA, que tout le monde présentait comme « la voie royale pour la communication », était particulièrement difficile à admettre et j’avais du mal à croire qu’une autre formation pourrait m’amener  in fine là où j’avais envie d’aller.

C’était la fin de l’année, à ce moment-là j’avais postulé pour faire un autre stage tout l’été chez Hopscotch, une agence de relation publique où j’étais principalement en charge de Microsoft. Ce stage était plus pour moi un moyen de gagner en crédibilité vis-à-vis des autres qui avaient déjà plusieurs stages à leur actif.

À la rentrée, j’ai finalement rejoint le Master de Dauphine pour ma dernière année d’étude. Concrètement, ça a été l’une des meilleures décisions que j’ai prises. D’abord parce que j’y ai rencontré des gens géniaux et ensuite parce que ça m’a ouvert de nombreuses portes notamment pour les choix de stages. Cette année a été divisé en deux parties : de septembre à décembre j’ai eu des cours théoriques et, depuis janvier, je suis en stage de fin d’étude. J’ai effectué le mien (le premier) chez Dior en Brand Content de janvier à fin juin et, ayant l’opportunité d’en faire un second, j’ai saisi cette chance et j’ai été prise chez Cartier en tant qu’assistante chef de projet digital.

L’aspect environnemental est très important. Dans mon domaine, je suis amenée à travailler sur des projets qui nécessitent que les personnes avec qui je collabore soient réactives et que les échanges sois fluides. 

L’intérêt de revenir sur mon parcours n’est pas de dresser à quiconque une feuille de route qu’il pourrait reproduire. J’ai beaucoup de respect pour les gens qui savent depuis toujours ce qu’ils veulent faire et qui, de fait, font des études cohérentes en ce sens. Pour ma part je suis la preuve incarnée qu’un parcours peut également se construire au fur et à mesure à condition de ne se fermer aucune porte, d’en vouloir et d’accepter l’aide des gens autour de soi. Je pense sincèrement que le plus important est de ne pas baisser les bras face aux échecs et d’avancer en se disant que si vous avez tout mis en œuvre pour quelque chose et que ça n’a pas fonctionné c’est que ce n’est pas là que vous deviez être. En général, quand on nous demande de revenir sur nos parcours on ne s’attarde jamais sur nos échecs pourtant je pense que les miens valent le coup d’être soulignés parce que sans eux je ne serais peut-être pas à une place où je m’épanouis aujourd’hui. Personnellement, je vois mon échec au concours du CELSA comme mon plus gros échec. À l’époque, c’est ce que je croyais sincèrement vouloir. Avant d’arriver cher Dior ou encore Cartier, j’ai passé des entretiens qui n’ont pas aboutis. Au mieux ils m’ont envoyé un mail  pour me dire que je n’étais pas prise, au pire ils m’ont tout simplement ghosté. C’est frustrant sur le coup mais si vous êtes déterminés vous finirez par tomber sur des gens qui verront cette détermination, qui y seront sensibles et qui vous prendront.

Dans quel domaine souhaites-tu travailler et pourquoi as-tu décidé de poursuivre cette carrière ?

J’ai toujours été intéressée par la communication des marques. C’est très global, raison pour laquelle je fais des stages. Ces stages m’ont permis au fur et à mesure d’affiner cet intérêt. 

Ainsi, grâce à ces expériences, je me suis rendue compte que travailler sur le digital me plait beaucoup. C’est un terrain de jeu incroyable où il y a des milliers de choses à faire, des opportunités dingues surtout dans le milieu du luxe pour deux raisons. D’abord parce que les marques de luxe sont aujourd’hui soucieuses d’intégrer le digital à leur stratégie de communication et ensuite parce qu’elles ne sont pas digital native ce qui fait qu’elles ont besoin de personnes pour les aider à « rattraper leur retard ».

Où effectues-tu ton stage et comment l’as-tu obtenu? 

Actuellement je suis chez Cartier. J’ai vu les offres sur le site, envoyé ma candidature pour l’une d’elle (CV, lettre de motivation), répondu à un appel téléphonique du RH sur mes motivations, puis, j’ai été convoqué à un entretien avec mon potentiel futur manager ainsi que le RH. J’ai dû rédiger un compte rendu de l’entretien et l’envoyer. 

Quand on nous demande de revenir sur nos parcours on ne s’attarde jamais sur nos échecs pourtant je pense que les miens valent le coup d’être soulignés parce que sans eux je ne serais peut-être pas à une place où je m’épanouis aujourd’hui.

Quels sont tes responsabilités? 

J’occupe le poste d’assistante chef de projet digital. Concrètement, mon rôle est de coordonner toutes les activations Cartier sur les plateformes sociales à l’international. Si ça ne vous parle toujours pas c’est normal. Cartier est présent à l’international mais le HQ (head quarter) est en France, c’est donc à nous que les différents marchés se réfèrent pour tout ce qui concerne les demandes de contenus ou encore la validation des contenus qu’ils produisent parfois en interne. 

On sait que chaque pays n’a pas les mêmes intérêts, ne poussent pas les mêmes choses au même moment parce que ce qui marchera aux Emirats Arabe Unis ne marchera peut-être pas en Chine ou au Japon, pour autant on essaie d’être le plus cohérent possible sur toutes nos plateformes digitales et de ne pas avoir des messages qui aillent à l’encontre les uns des autres.

Nous avons des « call » très fréquents avec les différents marchés qui nous tiennent au courant des évènements qui vont avoir lieu dans leurs pays, des campagnes qu’ils vont pousser en social. De notre côté on s’assure que c’est bien dans l’esprit de Cartier.

En parallèle de cette mission, je fais des analyses, reporting de nos campagnes sur les différentes plateformes sociales afin de voir ce qui a marché ou non, et voir comment on peut s’améliorer. 

Qu’est-ce qui te plait le plus dans ton stage? 

Principalement, le fait de travailler avec des interlocuteurs présents dans le monde entier. C’est très stimulant.

Au delà de ça, et je ne saurais dire si c’est pareil partout, j’ai la chance d’avoir rejoint une superbe équipe. On échange énormément entre nous et je ne ressens absolument pas la dichotomie manager/stagiaire que j’ai pu ressentir parfois. J’occupe une place à part entière et, en ce sens, je suis considérée comme faisant partie du groupe comme n’importe quelle personne en CDI.

J’ai également la chance d’être entourée de stagiaires avec lesquels je m’entends vraiment très bien ce qui rajoute du positif à mon stage.

Si je m’attarde autant sur l’aspect “environnement” c’est parce qu’au fur et à mesure de mes stages, je me suis rendue compte que, si les missions que j’avais comptent énormément, le contexte de travail a lui aussi son importance. C’est totalement personnel et je ne suis absolument pas entrain de dire qu’il faut faire copain copain avec tout le monde. Certains vous diront d’ailleurs que “le travail c’est le travail” ou “qu’on est pas là pour se faire des amis”, mais à mon sens avoir des bonnes relations avec les gens avec qui vous travailler, au delà de l’épanouissement personnel que cela procure et du stress qu’on s’évite en allant au travail, cela ne pourra que vous aider dans vos mission. Dans mon domaine en tout cas je suis amenée à travailler sur des projets qui nécessitent que les personnes avec qui je collabore soient réactives et que les échanges sois fluides. De la même façon que vous ne serez pas  tenté d’aider quelqu’un qui vous parle mal, les personnes avec qui vous travaillez, si elles ne se sentent pas respectées ou que vous ne vous interessez pas un minimum à elles, se sentiront uniquement utilisées et seront moins enclines à vous aider.

Les marques de luxe sont aujourd’hui soucieuses d’intégrer le digital à leur stratégie de communication.

Décris-nous une journée type.

Avec toute la bonne foi du monde je ne peux pas tellement décrire de journée type au délà de ma routine makeup, mon petit déjeuner et le métro que je prends tous les matins. 

Il y a des jours où vous pouvez passer votre temps en réunion avec d’autres équipes ou en call avec les marchés. D’autres où vous aurez des urgences à traiter, et encore d’autres beaucoup plus calmes. Les missions ont beau être les mêmes, les journées ne le sont jamais.

Qu’elle est la partie la plus difficile? Ce qui te plait le moins. 

Très honnêtement pas grand-chose. Comme tout le monde il y a des jours où je suis plus motivée que d’autres. Les jours où je le suis moins, forcément des missions que j’avais l’habitude de faire en étant à fond seront faites avec moins d’entrain ce jour là.

Qu’attends-tu de ce stage ?

D’être prête pour dire bye-bye au monde étudiant.

Quels sont tes projets après avoir terminé ce stage et obtenu ton diplôme?

Partir en vacances ! Plus sérieusement, faire un petit road trip d’un mois/ un mois et demi en Amérique du Sud histoire de voir du pays et souffler un peu. 

Après ça, mon plan A est d’obtenir un VIE pour partir travailler à l’étranger. Et comme il faut toujours un plan B (j’ai mis du temps à le comprendre), mon plan B est de partir à l’étranger avec ma valise pour essayer d’y trouver un travail. Je pense qu’il est important de voir comment ça se passe ailleurs, déjà pour la remise en question que ça engendre et ensuite pour le regard plus global que ça permet d’avoir. Je ne vous apprends rien mais vivre dans un pays et y séjourner pour des vacances n’a rien à voir, or je n’ai jusqu’à présent jamais eu l’occasion de partir vivre sur une longue période dans un autre pays et je pense que c’est, à l’heure actuelle, ce qui manque à mon parcours. 

Propos recueillis par M.V.

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